Lettre ouverte au TEC Liège-Verviers

Comme vous l’aurez remarqué depuis un certain temps, je ne peux m’empêcher de lancer des petites piques au TEC Liège-Verviers. Plutôt que de continuer ainsi, voici une petite lettre ouverte destinée au TEC Liège-Verviers en particulier, mais je ne doute pas que les autres branches de la SRWT se sentiront concernées.

J’utilise les bus du TEC depuis toujours (intensivement depuis près de quinze ans) mais aujourd’hui, je n’en peux plus de les utiliser. Cette lettre ouverte a pour but d’exprimer mon raz-le-bol d’un service qui, au fil des mois et des années, me semble de plus en plus médiocre.

Vous utilisez très mal votre arme « ultime »

Commençons par le plus gros, c’est-à-dire les grèves. Perso, je pense qu’elles sont à utiliser avec parcimonie et dans des cas extrêmes, par exemple si les conditions de travail deviennent VRAIMENT précaires et/ou si la direction reste plantée sur ses positions. Vous savez, je ne travaille pas au TEC et ne connais rien de la popote interne, mais j’ai le sentiment que les grèves chez vous ont lieu pour forcer la main de la direction et pas suite à des discussions/négociations qui restent au point mort. Les syndicats savent que les utilisateurs n’ont pas d’autre choix (comprendre des concurrents, mais j’y reviendrai) et ils en profitent allègrement pour avoir ce qu’ils veulent.

Le deuxième point qui me dérange avec vos grèves, c’est que vous avez l’art de les faire pour les raisons les plus stupides au monde et/ou quand ça « tombe bien ». Pour ce point, c’est bien simple, ça tombe régulièrement les vendredis. Pour les raisons, par où commencer ? Grèves « émotionnelles » qui tombent six mois après un fait, celles pour un collègue viré parce qu’il est en tort, ou les rentrées au dépôt au milieu de la journée (les gens adorent partir au matin et être bloqué l’après-midi/le soir). Avec tout ça, vous êtes encore les premiers à vous étonner que les utilisateurs ne veulent pas écouter vos revendications, justifiées ou non.

Etre moins suffisant, c’est possible ?

C’est l’autre gros grief que j’ai à votre encontre. Ca m’amuse toujours que vous bombiez le torse parce que les chiffres d’affluence sont en hausse depuis quelques années. Devinez quoi ? Vous avez le MONOPOLE des transports en commun par bus en Wallonie, les gens n’ont pas d’autre choix que d’utiliser vos services. C’est facile de jouer au caïd quand on est tout seul dans la cour de récré. Mais ce n’est pas assez, il faut améliorer votre service CONTINUELLEMENT et ne pas se reposer sur vos acquis. Mais il faut croire que le mot amélioration n’existe pas dans votre vocabulaire.

Voici une petite liste non-exhaustive des nouveautés/améliorations du réseau liégeois dont je me souvienne (n’hésitez pas à m’en donner d’autres) :

  • Création de la ligne 28 – Elle a son utilité
  • Création de la ligne 57 – En théorie, c’est une ligne intéressante (Guillemins-Bierset). En pratique, elle doit rouler à vide 90% du temps
  • Création de la ligne 58 – OK, elle a son utilité, mais renforcer les lignes 2-25 (pour toute la partie ouest de l’agglomération liégeoise) et 48 aurait eu le même effet
  • « Fusion » des lignes 2/ et 3/ pour devenir la ligne 32 – Mouais, on pouvait aussi supprimer ces sous-lignes et réaffecter les véhicules sur les lignes 2-3 tout simplement
  • Les Proxibus – Celui de Seraing est une calamité (il y a aucun passager quand il m’arrive d’en voir un), je me prononcerai pas sur les autres (Juprelle, Beyne-Heusay, etc)
  • Les autres petits changements (horaires, itinéraires) – Négligeables, pour ne pas dire inutiles

Ce sont vraiment les seules « améliorations » que vous jugez utiles sur près de quinze ans ? Même un pauvre idiot comme moi pourrait vous donner de meilleures idées pour améliorer votre réseau facilement.

Privatisation ? Libéralisation ?

On voit beaucoup d’usagers qui pensent qu’il faudrait privatiser les TEC. Moi, je suis plutôt pour la libéralisation du réseau pour qu’il y ait enfin une concurrence. Quand on est seul, on est forcément le meilleur et on se repose sur ses lauriers; quand il y a de bons compétiteurs, on doit se retrousser les manches pour rester le meilleur.

Dès qu’on parle de privatisation ou de libéralisation, on brandit le spectre de voir les petites lignes disparaître par manque de rentabilité. Vous savez, quand je vois des petites lignes (mal) désservies par des bus de 100 places au 3/4 vides, je me dis qu’il y a encore une bonne marge de manoeuvre. Je suis de ceux qui pensent qu’une petite ligne serait plus rentable avec un mini/midibus toutes les demi-heures qu’avec un autobus normal toutes les heures. Le problème au TEC, c’est qu’on a pas l’air de connaître les mini/midibus (ou si peu), ni le terme « faire des changements profonds ».

Conclusion

Tout ce que vous venez de lire, ce sont les raisons pour lesquelles je ne veux plus dépendre de vous pour mes déplacements. Il en a fallu beaucoup pour dégouter le partisan des transports en commun que je suis, mais vous avez réussi. Je reviendrais peut-être vers vous d’ici quelques années, mais pas tant que vous avez cette mentalité en tout cas.

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