Sumo – Natsu Basho 2019 – Conclusions

Un peu plus tard que d’habitude, mais nous y voilà.

Ce basho aura certainement été surprenant de manière générale, mais confirme la tendance depuis deux ans entre les basho où Hakuho n’est pas là et sont bien plus ouverts, et ceux où il est en forme et difficile à mettre en échec. Ça fait également deux ans (probablement plus pour être honnête) que l’on parle de la relève et comme quoi on commence à voir de nouvelles têtes, mais la grande majorité peine à sortir du lot ou au minimum répondre aux attentes.

Takakeisho (22 ans) est le seul qui ait réussi à sortir la tête de l’eau et pour peu qu’il fasse un minimum attention à sa santé/son état physique (je ne vise totalement pas Terunofuji et dans une bien moindre mesure Ikioi), il devrait être un solide ozeki durant de nombreuses années encore. Mitakeumi (26) est sans doute le deuxième sur cette liste des up-and-comers, mais il n’arrive pas à se positionner pour une promotion en ozeki et peine même à aligner les KK consécutifs depuis près d’un an.

Derrière ces deux-là, on a Ichinojo (26) qui est capable du meilleur comme du pire et semble être victime de problèmes chroniques de dos. Encore plus loin, on a une petite troupe (Hokutofuji (26), Daieisho (25), Abi (25) et Shodai (27)) qui commence à s’installer durablement dans le joi-jin, et ça continue derrière eux. Je ne compte pas vraiment pretty boy Endo dans cette liste parce qu’il est un peu entre les deux avec ses 28 ans et n’a qu’une seule apparition en sanyaku (komusubi lors de Natsu l’an dernier) en six ans en makuuchi.

Dans le même temps, la vieille garde fait de la résistance. Les deux yokozuna s’absentent assez régulièrement, mais sont toujours d’excellents sekitori lorsqu’ils sont en forme (au contraire d’un Kisenosato qui n’était plus que l’ombre de lui-même après sa blessure). Goeido ne sera sans doute jamais yokozuna, mais est peu souvent kadoban (son dernier MK date de Natsu 2018) et devrait tenir la route encore quelques temps. Takayasu pourrait devenir yokozuna si les circonstances le permettent, et un premier yusho pourrait être le déclic pour lui. Tochinoshin est plus fragile physiquement (un peu bizarre d’appeler THE GRUNTING MAN fragile), mais il serait aussi capable d’arracher une promotion en yokozuna s’il se maintient en bonne condition suffisamment longtemps.

Derrière eux, ce sont surtout des vétérans qui font la navette dans les rangs des maegashira (et parfois en juryo) avec des apparitions ici et là dans le sanyaku. Certains craquent ou sont près à le faire, comme Takekaze qui a pris sa retraite lors de Hatsu alors qu’il était mûr pour redescendre en makushita (je ne l’ai jamais mentionné je pense, mais makuuchi/juryo sont deux divisions où les sekitori ont un salaire alors qu’à partir de makushita, les rikishi ont juste une allocation en gros). Aminishiki est lui aussi à la porte de makushita (7-8 à J10 ce coup-ci) et sera le suivant sur cette liste, et Yoshikaze semble être le prochain habitué de makuuchi à suivre la même trajectoire.

BREF, parlons de ce tournoi un peu plus en détail.

Asanoyama est un vainqueur surprise et c’est le moins que l’on puisse dire. Il est aussi de cette nouvelle génération qui monte, mais en dessous de tout ceux que j’ai nommé plus haut. Le seul petit regret est que sa victoire soit entaché par cette décision controversée lors du match contre Tochinoshin, mais rien ne dit qu’il n’aurait quand même pas battu Shin avec un torinaoshi, qui lui-même n’aurait sans doute pas fait un bon gros henka le lendemain contre Kakuryu (son excuse est qu’il était diminué physiquement, mais je pense que personne n’y croit vraiment). Bref, c’est un peu dommage, mais on ne saura jamais comment le tournoi se serait fini avec un autre scénario.

En parlant de lui justement, il remontera donc en ozeki après son 10-5 tandis que Takakeisho sera kadoban et devra assurer son KK pour se maintenir. J’espère juste qu’il aura un minimum de plomb dans la cervelle et ne se forcera pas s’il n’est pas remis, quitte à faire une Tochinoshin lors de Aki en septembre, mais le fait qu’il ait essayé de revenir dans ce tournoi pour abandonner une deuxième fois le lendemain ne me pousse pas à l’optimisme.

Derrière, une bonne partie du sanyaku/joi-jin a de nouveau bu la tasse, mais on a pas moins de cinq 10-5 plus bas (+ Asanoyama avec son 12-3) qui vont les remplacer pour Nagoya.

Les deux débutants en makuuchi se sont pas mal débrouillés, même s’ils finissent avec des fortunes diverses. Shimanoumi finit avec un 10-5 et un kanto-sho (prix de la combitivité*, au même prix que Asanoyama et Abi). Enho est MK avec un 7-8, mais il a fini le tournoi blessé et aurait probablement assuré son KK sans ça.

*Tant que je parle des prix spéciaux, Asanoyama remporte aussi le shukun-sho (performance exceptionnelle) tandis que Ryuden arrache le gino-sho (technique).

Les échanges makuuchi/juryo seront simples pour une fois avec Tokushoryu, Ishiura et Chiyoshoma (ENFIN!) qui retombent en juryo alors que Toyonoshima (8-7 à J1), Takagenji (13-2 à J2 et vainqueur de la division) et Kotoyuki (11-4 à J6) remonteront en makuuchi.

Tentative de banzuke pour Nagoya

C’était… une horreur pour dire ça clairement. Il y a deux gros regroupements : un dans le joi-jin et l’autre dans le bas. Pour faire simple, ça signifie que la première moitié n’est pas trop absurde, mais la deuxième semble sortir de nulle part et pêcher les noms au hasard d’un chapeau aurait peut-être été plus logique par moments.

*hausse les épaules*

J’en ai fini avec cette tartine, donc on se retrouve dans un mois pour le début du Nagoya Basho.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.